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Lucjan Malcz, mort pour la France et la Pologne

Cet été, ma chronique des héros exemplaires a pris des vacances. La voilà revenue bronzée et rechargée en vitamine D acquise au soleil de la saison estivale. Elle revient avec du lourd des Polonais qui ont combattu aux côtés des Français.
 Lucjan Malcz, mort pour la France et la Pologne

Laissez-moi vous narrer l’histoire de Lucjan Malcz un homme d’honneur mort pour sa France adoptive et pour sa Pologne natale. 

Lucjan Malcz est né le 15 octobre 1878 à Olszowa dans la région de Łódź. 

Il est l’enfant de Julian Szczesław Malcz et de Maria Krystyna Glinka-Janczewska.

Du côté paternel il descend d’une famille de médecins son arrière-grand-père Bogumił et son grand-père Jan Fryderyk  étaient des médecins reconnus à Varsovie.

Du côté maternel il est le petit fils de Kazimierz Glinek-Janczewski, gestionnaire forestier à la retraite du Royaume de Pologne et professeur à l’Institut d’agriculture de Varsovie. Le frère de Lucjan sera un militant de l’indépendance Polonaise. 

Il est également le cousin de l’artiste peintre Jan Chełmiński. 

En 1865 la famille maternelle de Lucjan s’installe à Olszowa, village où il naîtra. 

Lucjan passe une enfance joyeuse et paysanne. Jusqu’à ce qu’il entre au lycée de Piotrków Trybunalski une ville du sud-est de voïvodie de Łódź. 

Au lycée, il est bon élève et se fait remarquer par ses résultats scolaires. En 1869 après l’obtention de son baccalauréat pour faire plaisir à son père il étudie pendant deux ans la médecine à Varsovie puis se détourne du monde médical et part étudier à Hambourg où il suit un cursus d’économie et de commerce à l’Académie de commerce. De retour à Varsovie, il travaille comme directeur d’une fabrique d’armature.

 A Varsovie, Lucjan fait la rencontre de Jadwiga Borkowska, avec qui il convolera en juste noce en 1904. Mais les flammes de la passion cesseront vite, les braises de l’amour refroidies, le couple divorce en 1909. 

 La peine et le chagrin sont tels que Lucjan désespéré quitte tout la fabrique et la cité de la sirène. 

On le retrouvera bien plus tard en Algérie française où il signe à la Légion Étrangère. 

Lucjan est incorporé à la vingt-cinquième compagnie du deuxième régiment. 

Pour des raisons de santé, il est envoyé à Paris avec le grade de caporal. Quand en 1914 le déclenchement de la première guerre mondiale le rattrape. 

Le Comité des Volontaires Polonais lance un appel à la mobilisation pour former la Légion polonaise de l’Armée française. 

Le 4 août, Lucjan répond à l’appel pour la liberté de la France et celle de la Pologne qui se bat depuis plus d’un siècle pour retrouver son indépendance. 

Lucjan et 200 de ses compatriotes sont envoyés en caserne à Bayonne, les mythiques Bajończycy (Bayonnais) sont nés.

Ce corps de la Légion Étrangère a de particulier le fait que les engagés vivent à la polonaise, prient tous les jours Matka Boska, la vierge noire de Pologne, (icône la plus sacrée du catholicisme polonais) et se battent sous drapeau polonais. Les Bayonnais font partie du 2ème régiment de marche du premier régiment de la Légion Étrangère. 

Lucjan est promu sergent par Max Doumic lieutenant et commandant des Bayonnais. 

Lucjan et 135 combattants sont détachés dans les tranchées en Champagne. 

Arrivée dans les tranchées l’enfer ouvre ses portes. Les balles fusent d’un côté comme de l’autre, les obus pleuvent. Le 11 novembre 1914 Doumic est touché, une balle dans le cou. 

Malcz ne se laisse pas démoraliser les 28 et 29 novembre avec Władysław Szujski porte-drapeau, il commande un détachement de 24 personnes afin d’établir le contact, avec les Polonais engagés côté allemand et leur rappeler qu’ils servent un de leurs colonisateurs. En effet, depuis 1795 l’Allemagne occupe l’ouest de la Pologne. 

L’opération est un succès et les Polonais du côté allemand commencent à déserter, à créer des mutineries ou à rejoindre le camp français. Durant l’opération Szujski est tué.

Lucjan écrira le 4 janvier 1915 : "les seules pertes sont Szujski - tué, et Rotwand, Kostrzewa et Świrski - légèrement blessés"

Le 5 mars 1915, Lucjan est promu sous-lieutenant. 

Le 28 avril, Malcz et son régiment sont déplacés vers Mont-Saint-Éloi non loin d’Arras. 

Le 9 mai 1915, dans le cadre de la contre-offensive d’Artois Lucjan est son régiment prennent position derrière le bosquet de Berthonval près du village de La Targette près de la ville de Neuville-Saint-Vaast. Et prennent la colline 140 à Vimy. A 10 h 00 ils attaquent les fortifications allemandes tenues par les gardes bavarois. 

L’attaque des Bayonnais est trop rapide et les renforts tardent à venir. 

Malcz est touché par plusieurs balles dans le ventre, il perd trop de sang, l’hémorragie ne cesse pas et le combattant pour la liberté avant de s’éteindre pousse un dernier cri : "Niech żyje Polska!" (Vive la Pologne). 

Son corps a été laissé du côté allemand et n’a jamais été retrouvé. Sur le lieu de sa mort passe aujourd’hui la route qui mène de La Targette à Souchez.

Le 11 novembre 1918, la Pologne retrouve son indépendance, Lucjan Malcz ne pourra jamais savourer ce moment, pour lequel, il a tout sacrifié. 

Sa mère qui lui survivra apprendra son décès à la fin du conflit. Elle meurt en 1928. 

Les hommages à titre posthume ne se font pas prier le 9 mai 1921 il reçoit de l’armée Polonaise la Krzyż Walecznych (Croix de la Valeur) qui sera remise à sa mère. 

Le 4 août 1921 il est fait chevalier de la Légion d’honneur part l’ambassade de France à Varsovie une nouvelle fois la décoration est remise à sa mère.

En 1922 il est décoré de la Krzyż Srebrny Orderu Wojskowego Virtuti Militari (Croix d’argent de l’Ordre militaire de Virtuti Militari de l’armée polonaise)

En 1932 il reçoit la Krzyż Niepodległości (Croix de l’indépendance).

Son nom est inscrit sur le monument aux morts de la Légion Étrangère de Puyloubier comme "de Malcz" ainsi que, sur "L’anneau de la Mémoire" de Notre Dame de Lorette avec une mauvaise orthographe "De Malez Lucien". 

Au cimetière évangélique de Varsovie il y a sa tombe symbolique près de la tombe de son grand-père. 

Pour le centenaire de sa mort les habitants de son village natal lui ont érigé une stèle commémorative. 

En 2019 à Arras a été inauguré un monument aux Polonais morts à La Targette avec son nom bien orthographié. 

Voici l’histoire de Lucjan Malcz.

Lucjan un héros méconnu, qui ne doit pas sombrer dans l’oubli.

Lucjan un homme qui donnera sa vie pour deux pays, sa France adoptive et sa Pologne natale. 

Lucjan Malcz mort : 

"Za wolność naszą i waszą

Pour la liberté la nôtre et la vôtre."

Florian Marek, chroniqueur Tysol


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