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Marine Le Pen: l'attaque contre la Pologne doit alerter tous les peuples européens

Interview de Marine Le Pen, par Patrick Edery et Cezary Krysztopa, publiée dans l'hebdomadaire polonais "Tygodnik Solidarnosc" le 23/11/2021
 Marine Le Pen: l'attaque contre la Pologne doit alerter tous les peuples européens

 La Commission européenne et la CJUE remplacent peu à peu les valeurs européennes (liberté d’expression, nation, famille, racines chrétiennes…) par les valeurs progressistes (politiquement correct, monde sans frontières, théories du genre…), comment considérez-vous cette ingénierie sociale ?

L’Union européenne et ses institutions poursuivent leur agenda politique, la marche en avant vers un fédéralisme européen qui tend à l’uniformisation des normes et valeurs, à la disparition progressive des Etats-Nations et de leurs spécificités.

La politique de la Commission européenne est devenue une zone interdite aux peuples. L’ADN même de l’Union européenne est fondé sur la renonciation à l’exercice de la souveraineté par les États qui la composent. Cela englobe le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, mais également à défendre leur culture, leurs valeurs, leur mode de vie et leurs traditions. Cette vaste entreprise de démantèlement et d’effacement, ce que les Anglo-saxons dénomment la cancel culture, est l’aboutissement de cette démarche funeste.

 

Entre la volonté des technocrates de l’UE de s’affranchir de plus en plus du suffrage universel et le pacte des migrations (qui devrait laisser entrer en une génération entre 50 et 100 millions de migrants en Europe), vous rendez-vous compte à quel point la situation est critique ?

Cette submersion migratoire organisée, planifiée est un dessein de longue date poursuivi par l’Union européenne. Toutes les législations en la matière ont conduit à démanteler les législations nationales et complexifier les politiques de reconduites à la frontière.

La poursuite accélérée des politiques d’incitation et même d’organisation de l’immigration massive ont toutes été endossées sans ambages par les dirigeants européens.

Là aussi, souvenons-nous des déclarations du commissaire européen, Dimitris Avramopoulos en 2017 : « Nous devons tous être prêts à accepter l’immigration, la mobilité et la diversité comme nouvelle norme et à adapter nos politiques en conséquence. C’est un impératif moral, mais aussi économique et social pour notre continent vieillissant ». En écho, Federica Mogherini, haute représentante de l’Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité disait la même chose en juin 2017 : « pour des raisons économiques et culturelles, la migration est une nécessité pour l’Europe ».

Le Pacte des migrations est la concrétisation de cette folle et irresponsable politique migratoire.

 

Que pensez-vous des attaques concertées de la Commission européenne, le Parlement européen et la CJUE contre la Pologne ?

Elles procèdent de ce coup de force, de cette violence de basse intensité qui vise à contraindre par le chantage, la menace, les rétorsions un pays à abandonner un nouveau pan de sa souveraineté dans un domaine, la justice, qui n’est pourtant pas une compétence partagée, mais relève du droit exclusif des nations.

L’Union européenne ne procède pas d’un mouvement démocratique et ses dirigeants ne s’en sont jamais cachés. Il suffit de se souvenir là aussi des propos sans ambiguïté de Viviane Reding en 2013, alors commissaire à la Justice et vice-présidente de la Commission européenne : « il faut lentement mais sûrement comprendre qu’il n’y a plus de politiques intérieures nationales. Il n’y a plus que des politiques européennes partagées dans une souveraineté commune ». Mes compatriotes sont bien placés pour le savoir, eux dont la parole souveraine a été bafouée après le référendum de 2005 sur la Constitution européenne.

Cette attaque frontale contre la Pologne, pays souverain, doit alerter tous les peuples européens soucieux de leurs libertés.

 

Au Parlement européen seul le RN soutient la Pologne au contraire des LR qui votent à chaque fois contre elle, alors qu’à Paris ils défendent une politique, qui au final, est très proche de celle du gouvernement polonais ? Pourquoi ce double discours ?

La droite française a depuis longtemps trahi la nation tout comme la gauche a abandonné le peuple. La rupture entre la parole exprimée et la parole trahie remonte à 2005. Le rejet par les Français de la Constitution européenne a conduit Nicolas Sarkozy deux ans plus tard à proposer un traité simplifié, ratifié cette fois-ci par la voie parlementaire.

À ce moment précis, la droite française a accepté d’entrer dans la collaboration active avec l’Union européenne pour édifier une structure politique fédérale. C’est un renoncement de tout ce qui avait fait la spécificité de la parole d’État de notre pays, notamment sous la gouvernance du Général de Gaulle qui réaffirmait partout et en toutes circonstances la primauté du droit français et la défense des intérêts nationaux.

 

Les pourparlers sur la formation d'une grande faction au Parlement européen sont-ils en cours ou ont-ils été suspendus ?

Nous continuons à travailler à la constitution de ce groupe qui modifiera considérablement le paysage politique du Parlement européen tout autant que l’orientation des politiques qui y sont décidées.

Nous partageons avec les formations concernées cette conception d’une Europe qui ne se construit pas contre les États, mais qui les renforce par des politiques de coopérations librement choisies et consenties dans des domaines ciblés et stratégiques, tels que la recherche, l’innovation, l’intelligence artificielle…

Je suis convaincue que cette démarche collective aboutira tant les enjeux sont cruciaux : garantir et rétablir la souveraineté des États dans le fonctionnement de l’organisation européenne.

 

Que pensez-vous du chantage au gaz auquel la Russie soumet l'Europe aujourd'hui ?

Je crois fondamentalement à la raison et au débat apaisé en matière de relations internationales. La politique de tensions et d’affrontement ne conduira qu’à des dommages collatéraux pour toutes les parties concernées. Nous devons apprendre à surmonter les inquiétudes et méfiances légitimes héritées de l’histoire, et poser les bases d’un dialogue constructif dans le respect des intérêts mutuels.

La Russie ne doit pas être vue comme un adversaire, mais un partenaire avec lequel nous devons discuter dans le cadre de relations économiques et commerciales constructives.

Il est tout à fait normal et légitime que chaque nation défende ses intérêts stratégiques, mais ce débat et l’approche de ses relations peuvent s’envisager de manière apaisée et profitable à tous.

 

Comment la France changerait-elle si vous arriviez au pouvoir ?

La France retrouverait les attributs d’une nation que sont la souveraineté qui interdit de confier à des instances supranationales nos intérêts, l’indépendance qui exclut la vassalisation de nos positions et moyens, l’unité qui est la condition indispensable de la grandeur.

Notre démocratie a été fragilisée, abîmée par une conception du pouvoir qui a progressivement écarté le peuple de l’exercice du gouvernement qui est pourtant la définition même de la démocratie.

J’entends le remettre au coeur des priorités et des politiques publiques, j’entends en faire le seul juge et le seul souverain des politiques qui doivent être menées pour engager un changement décisif d’orientation.

C’est dans cet esprit que j’ai décidé, si les Français m’accordent les pouvoirs de la République, de soumettre au référendum, dès mon élection, un projet de loi sur l’immigration, l’identité et la nationalité.

Le choix et la volonté du peuple français n’en donneront que plus de force aux lois qu’il aura décidé de se doter.

 

L’Eglise de France à fait un très grand travail d’introspection sur la pédo-criminalité, par contre, malgré les divers scandales, le PS et les médias français (qui ont beaucoup critiqué l’Eglise sur ce sujet) eux n’ont pas fait ce travail, ni d’ailleurs l’éducation nationale et la justice française. Que ferez-vous dans ce domaine si vous arrivez au pouvoir ?

La protection des enfants et la préservation de leur innocence sont une cause qui doit transcender les opinions et les idéologies.

La pédophilie est un délit et il appartient à la justice de se montrer d’une fermeté sans faille pour poursuivre, condamner ceux qui s’y adonnent.

L’exploitation des enfants qui n’est pas que sexuelle est un défi majeur qui doit concerner l’ensemble des acteurs publics. Il ne peut y avoir de place face à ces actes pour l’indécision, le laxisme, l’indifférence ou une certaine complaisance.

 

A quoi devraient ressembler les relations franco-polonaises ?

La Pologne est aujourd’hui en Europe une puissance politique, démographique et dont la voix porte et compte. Vous savez mon attachement aux relations bilatérales qui plus est avec des pays dont nous partageons une longue et solide relation d’amitié.

La présence ancienne sur notre sol d’une communauté d’origine polonaise en témoigne tout comme des personnalités célèbres telles que Frédéric Chopin, Marie Curie, Georges Chapak qui ont été tout au long des siècles des traits d’union entre nos deux nations.

La France est aujourd’hui le 4e partenaire commercial de la Pologne et je suis attachée à ce que cette relation et ces échanges se poursuivent sur la même dynamique. Je crois également tout à fait envisageable de réfléchir à un partenariat stratégique dans le domaine de l’énergie nucléaire dont vous savez l’importance et le rôle que j’entends lui redonner dans l’architecture énergétique de notre pays.

 

Je ne sais pas si vous le savez, mais vous avez une passion commune avec Jaroslaw Kaczynski (le leader du parti au pouvoir en Pologne, le PiS) : les chats. Pourriez-vous nous en dire plus sur ce sujet et si vous arrivez au pouvoir quelles sont les mesures que vous prendrez pour le bien-être animal ?

Ce sont des animaux exceptionnellement intelligents qui procurent joie, douceur et apaisement qui sont indépendants, mais jamais en confit.

Le rôle des animaux de compagnie dans nos sociétés modernes est primordial, on le voit notamment chez les personnes seules, fragilisées, isolées pour lesquelles ils sont une présence affective indispensable.

Notre mouvement a toujours été soucieux de protéger, de préserver le bien-être animal. Nombre de nos interventions, de nos actions publiques vont dans ce sens.

Cette thématique était déjà abordée dans mon projet présidentiel en 2017, elle le sera bien évidemment en 2022, où nous réfléchissons à plusieurs mesures, telles que la création dans le code civil d’un statut pour l’animal indépendant du statut des hommes et des meubles.


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