Scandales sexuels et sphères du pouvoir : la corruption d’un système

Notre classe politique actuelle, ainsi qu'une partie de l'intelligentsia de gauche, s'est transformée ces dernières années en donneuse de leçon de la « tolérance ». Cette « élite » a fini, au nom même de la tolérance qu'elle promeut, par édicter les règles de ce qui serait permis ou interdit de penser. Cependant ce système est en train de s’effondrer : simplement parce que les donneurs de leçon se trouvent être eux-mêmes des abuseurs, des harceleurs, des gens corrompus, dont les turpitudes s’étalent désormais à la une des journaux.

Ainsi de l’affaire Duhamel, qui, tel un abcès trop longtemps contenu, a fini par éclater et se répand aujourd’hui en vagues successives : on découvre alors horrifiés que le Directeur de Science Po, personnalité éminente de l’intelligentsia politique, serait en réalité un pédophile, et que toute sa famille présenterait une palette variée de perversions, de maltraitance et de comportements incestueux maternels et paternels.

Ces affaires posent plusieurs questions, au-delà de leur caractère moralement insoutenable, qui disqualifient définitivement la « libération sexuelle », si tant est qu’on ait pu lui trouver quelques justifications.

Comment de telles personnes, dont les agissements étaient visiblement connus, ont pu se maintenir aussi longtemps dans les cercles du pouvoir ? De quelles complicités ont-elles bénéficié et à quel niveau ?

Ceci met en exergue l’existence de réseaux, de cercles corrompus, c’est-à-dire en réalité d’un véritable système qui mériterait d’être identifié et exposé à la vue de tous.

Et ceci est particulièrement préoccupant, quand ce sont ces mêmes cercles qui ayant la main sur tous les leviers politiques, décident, pour nous, de ce que nous devons penser, dire ou faire.

Ces cas ne sont pas si rares. A-t-on oublié les sordides affaires d’esclaves sexuels de Pierre Bergé, et les comportement sado-masochistes du « couple » qu’il formait avec Yves Saint Laurent, dénoncés par un ancien « stagiaire » de Pierre Bergé, recruté pour servir d’objet sexuel et avili dans des scénarios sexuels dégradants ?

A-t-on oublié le livre pour enfant (la vilaine lulu) publié par YSL montrant des scènes insoutenables de pédophilie et d’infanticide ?

A-t-on oublié les propos indignes de Jack Lang sur le « continent à explorer » de la « sexualité infantile », propos qui n’ont fait l’objet d’aucune poursuite pénale ?

Est-ce cela le fleuron de la culture française ?

Cependant, au-delà, du dégoût légitime que suscitent ces comportements immoraux, nous pouvons tirer au moins une leçon de cette affaire, particulièrement dans l’affaire Duhamel : on ne peut impunément abuser d’un enfant sans devoir le payer tôt ou tard très cher.

La psychologie humaine n’est pas linéaire, et se manifeste souvent avec des effets boomerang. Ceci est lié en partie à des mécanismes de déni qui se mettent en place pour protéger le psychisme face à des traumatismes insurmontables. Le traumatisme peut atteindre par ricochet une ou plusieurs personnes, surtout si elles ont elles-mêmes été témoins.

Ce mécanisme de « protection » (qui n’en est pas un en réalité) peut s’installer pendant des années.

Il suffit d’un évènement déclencheur, parfois anodin, pour que le traumatisme remonte brutalement à la surface. 

Dans les cas d’abus sexuels, le fait que d’autres prennent la parole peut servir de levier, car la personne ne se sent pas seule. Ce n’est pas toujours le cas. Ce passage comporte des risques, car revivre un traumatisme met la personne en situation de grande vulnérabilité, si elle se trouve confrontée à la médisance, au déni adverse, à la calomnie. Et ce, d’autant plus si l’affaire est médiatisée.

Il faut donc saluer le courage de Camille Kouchner, qui a réussi à surmonter sa peur pour mettre à jour les mécanismes pervers qui ont brisé sa famille.

On ne joue pas impunément, ni avec la sexualité, ni avec l’innocence des enfants.

Désormais, on espère que toutes les victimes des abuseurs sexuels, surtout s’il s’agit de personnalités du système politique ou médiatique, sauront sortir du silence pour faire tomber ces pervers qui nous gouvernent.

Pour cela, il paraît nécessaire d’agir pour que les crimes sexuels soient classés définitivement parmi les crimes imprescriptibles. Car la blessure de la victime, elle, durera toute sa vie, quand les prédateurs, eux, courent toujours.

 

Sabine Faivre (Psychologue et Auteur de « la vérité sur l’avortement aujourd’hui », Ed Téqui, 2006.)

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

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Notre classe politique actuelle, ainsi qu'une partie de l'intelligentsia de gauche, s'est transformée ces dernières années en donneuse de leçon de la « tolérance ». Cette « élite » a fini, au nom même de la tolérance qu'elle promeut, par édicter les règles de ce qui serait permis ou interdit de penser. Cependant ce système est en train de s’effondrer : simplement parce que les donneurs de leçon se trouvent être eux-mêmes des abuseurs, des harceleurs, des gens corrompus, dont les turpitudes s’étalent désormais à la une des journaux.

Ainsi de l’affaire Duhamel, qui, tel un abcès trop longtemps contenu, a fini par éclater et se répand aujourd’hui en vagues successives : on découvre alors horrifiés que le Directeur de Science Po, personnalité éminente de l’intelligentsia politique, serait en réalité un pédophile, et que toute sa famille présenterait une palette variée de perversions, de maltraitance et de comportements incestueux maternels et paternels.

Ces affaires posent plusieurs questions, au-delà de leur caractère moralement insoutenable, qui disqualifient définitivement la « libération sexuelle », si tant est qu’on ait pu lui trouver quelques justifications.

Comment de telles personnes, dont les agissements étaient visiblement connus, ont pu se maintenir aussi longtemps dans les cercles du pouvoir ? De quelles complicités ont-elles bénéficié et à quel niveau ?

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Et ceci est particulièrement préoccupant, quand ce sont ces mêmes cercles qui ayant la main sur tous les leviers politiques, décident, pour nous, de ce que nous devons penser, dire ou faire.

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Est-ce cela le fleuron de la culture française ?

Cependant, au-delà, du dégoût légitime que suscitent ces comportements immoraux, nous pouvons tirer au moins une leçon de cette affaire, particulièrement dans l’affaire Duhamel : on ne peut impunément abuser d’un enfant sans devoir le payer tôt ou tard très cher.

La psychologie humaine n’est pas linéaire, et se manifeste souvent avec des effets boomerang. Ceci est lié en partie à des mécanismes de déni qui se mettent en place pour protéger le psychisme face à des traumatismes insurmontables. Le traumatisme peut atteindre par ricochet une ou plusieurs personnes, surtout si elles ont elles-mêmes été témoins.

Ce mécanisme de « protection » (qui n’en est pas un en réalité) peut s’installer pendant des années.

Il suffit d’un évènement déclencheur, parfois anodin, pour que le traumatisme remonte brutalement à la surface. 

Dans les cas d’abus sexuels, le fait que d’autres prennent la parole peut servir de levier, car la personne ne se sent pas seule. Ce n’est pas toujours le cas. Ce passage comporte des risques, car revivre un traumatisme met la personne en situation de grande vulnérabilité, si elle se trouve confrontée à la médisance, au déni adverse, à la calomnie. Et ce, d’autant plus si l’affaire est médiatisée.

Il faut donc saluer le courage de Camille Kouchner, qui a réussi à surmonter sa peur pour mettre à jour les mécanismes pervers qui ont brisé sa famille.

On ne joue pas impunément, ni avec la sexualité, ni avec l’innocence des enfants.

Désormais, on espère que toutes les victimes des abuseurs sexuels, surtout s’il s’agit de personnalités du système politique ou médiatique, sauront sortir du silence pour faire tomber ces pervers qui nous gouvernent.

Pour cela, il paraît nécessaire d’agir pour que les crimes sexuels soient classés définitivement parmi les crimes imprescriptibles. Car la blessure de la victime, elle, durera toute sa vie, quand les prédateurs, eux, courent toujours.

 

Sabine Faivre (Psychologue et Auteur de « la vérité sur l’avortement aujourd’hui », Ed Téqui, 2006.)

 

 

 

 

 

 

 

 

 



 

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