Papa Scholz et le 4ème Reich

Retranscription de la chronique de Patrick EDERY sur Ligne droite de Radio courtoisie

Patrick, vous m’aviez promis un exposé de géopolitique européenne de haut vol et vous me revenez avec une chronique intitulée « Papa Scholz et le 4ème Reich », j’avoue que j’ai un peu peur, pourquoi ce titre ?

Bien sûr Papa Scholz, c’est Olaf Scholz, le nouveau chancelier allemand qui est à la tête d’une coalition de socialistes, de verts et de libéraux, ultra-progressistes extrémistes, fous furieux. Ce surnom est un clin d’œil à la fois, à celui de Merkel, « Mutti » (Maman), mais aussi une référence à la série américaine comique Papa Schultz, où un gentil gardien allemand d’un stalag se fait mener par le bout du nez par des prisonniers de guerre américains. C’est un peu la fiction qu’essayent de nous vendre nos élites, qui ont un discours assez unanime pour présenter l’Allemagne comme une puissance bienveillante. Il est assez effrayant de constater à quel point le dogme du « couple franco-allemand » n’est jamais remis en cause par les dirigeants des partis de gouvernement français. Leur credo est toujours le même : l’Allemagne est l’exemple à suivre ; l’Allemagne est bonne et ne nous veut que du bien, l’Allemagne paiera les politiques que nous allons mettre en place ; le couple franco-allemand est l’alpha et l’oméga de l’Union européenne et est seul capable de relancer l’Europe.

Et la référence au IVème Reich qui nous rappelle les « pires heures de notre histoire », c’est laquelle ?

C’est en référence à la réaction de Jaroslaw Kaczynski, le leader du parti au pouvoir en Pologne, suite à la publication de l’accord de coalition allemand, comprenant un projet de fédéralisation de l’UE. Pour lui,je cite, « Il n’est pas anodin que cette proposition ait été formulée par les Allemands. Cela constitue un renoncement à la mémoire historique acquise au XXe siècle, selon laquelle l’Europe s’est construite sur une certaine retenue du volontarisme allemand. ». Il aurait aussi déclaré aux députés polonais : « Les Allemands ont joué cartes sur table et veulent construire le Quatrième Reich. Nous ne le permettrons pas ! ». Lors du rassemblement de dirigeants européens de la droite à Varsovie, où étaient présents Orban et Le Pen, il a alerté qu'« en raison des actions allemandes, l'Europe se dirige vers la fédéralisation ». Cela, a-t-il ajouté, « constitue une menace pour la civilisation » et pourrait même entraîner la destruction de la démocratie.

M. Kaczynski va un peu loin tout de même non ? En quoi serait-il légitime pour donner des leçons à M. Scholz ?

Les médias ne le disent jamais mais Olaf Scholz dans les années 70 et 80 se situe à l'extrême gauche de l'échiquier politique, prône un « dépassement de l'économie capitaliste », est « bien plus proche des communistes de la RDA que des responsables ouest-allemands », selon l’Express et va même jusqu’à appeler, en pleine guerre froide, tel un bon agent communiste, le gouvernement allemand à sortir de l'Otan, qui à l’époque défendait l’Occident de la dictature communiste. Et bien pendant ce temps-là Jaroslaw Kaczynski est un fervent opposant à la dictature communiste en Pologne, adhère dans les années 70 au Comité de défense des ouvriers (KOR) puis est un membre important du syndicat Solidarność qui participera activement à la fin du totalitarisme soviétique, la chute du mur et le rétablissement de la démocratie en Europe de l’Est.

Mais concrètement en quoi il y aurait un IVème Reich allemand ?

Ce qu’il faut absolument comprendre c’est que la puissance de l’Allemagne d’aujourd’hui repose sur son mercantilisme forcené. Pour ceux qui ne le savent pas, le but d’une politique mercantiliste est de dégager un excédent de balance commerciale le plus élevé possible afin d’enrichir son pays. Avant la Covid, l'Allemagne accaparait plus de 20% des excédents commerciaux mondiaux (plus que la Chine avec 14%) alors qu'elle représente 1,1% de la population mondiale. Selon Marc Touati, en 20 ans le cumul des excédents commerciaux allemands atteint ainsi 3 905 milliards d’euros, contre un déficit de 900 milliards d’euros pour la France. La différence entre nos 2 pays est quasiment l’équivalent 2 PIB français, c’est tout simplement hallucinant. Pour arriver à cela, l’Allemagne est devenue LE donneur d'ordre industriel de l'Europe, via une vassalisation de l’UE. Elle importe massivement des biens intermédiaires de qualité, mais à bas coût, les assemble chez elle, via des opérations à forte valeur ajoutée et les revend sur le segment haut de gamme. Les marchés européens sont ainsi moins pour elle des débouchés que des fournisseurs bon marché. Or cette politique condamne les autres pays européens, s'ils veulent rester dans le jeu, à compresser leurs marges, modérer les salaires et flexibiliser leur marché du travail. Il est donc absolument nécessaire pour l'Allemagne de convaincre constamment ses partenaires, au sein de l'UE, que sa politique est dans leur intérêt. Cette politique, par l’injustice qu’elle génère inévitablement, n’est ni tenable ni durable. Hélas, l’Allemagne ne prévoit pas de se réformer pour diminuer ce déséquilibre macroéconomique majeur. Au contraire elle préfère mettre tous les moyens en œuvre pour capter, le plus longtemps possible, le maximum de liquidités via une balance commerciale sur-excédentaire. Cette fuite en avant pervertit le projet européen, car elle oblige la démocratie allemande à contrôler l'administration européenne. Désormais, tous les commissaires savent qu’ils ne peuvent être désignés ou reconduits contre la volonté de l’Allemagne, et les principaux postes clés de l’Union européenne sont détenus par des Allemands. Une fédéralisation accrue de l’Europe signifie donc un accroissement mécanique de l’hégémonie allemande. Il est d’ailleurs intéressant d’observer les événements qui secouent l’UE à l’aune uniquement du mercantilisme allemand. C’est-à-dire d’une politique allemande assujettissant toute décision à un accroissement de l’excédent de la balance commerciale, via une vision très utilitariste de ses partenaires européens. Vous vous rendrez compte alors que l’on comprend mieux les décisions de Berlin et Bruxelles.

Par exemple : prenons la mise au ban de la Hongrie et de la Pologne. Ces deux éléments clés de la production allemande qui s’affranchissent peu à peu de la tutelle de Berlin, voient leurs coûts salariaux augmenter dangereusement du fait de leur croissance vertigineuse. Or grâce à une campagne de dénigrement efficace et à l’action de la Commission européenne, il est désormais communément admis, par tous, qu’il faut leur réduire drastiquement les fonds européens, ce qui aura pour conséquence de réduire leur croissance et donc leurs coûts salariaux. Ce qui sera bénéfique à l’industrie allemande et non à la nôtre, qui commençait à redevenir un peu plus compétitive face à la hausse des coûts de l’Est.

Prenons l’exemple de la « guerre commerciale » des Etats-Unis à l’UE sous Trump. Dans les faits, il s’agissait d’une guerre commerciale, non pas à l’UE, mais à l’Allemagne, dans le but de s’opposer au mercantilisme allemand.

De même le déchirement de l’Europe autour des migrants, il a été déclenché par la politique migratoire unilatérale et autoritaire de Berlin, du fait accompli, qui y voyait un moyen de palier à son manque de main d’œuvre et à l’envolée des salaires qui menaçaient son modèle à l’époque.

Et que dire de Nord Stream 2 qui est une question géostratégique majeure, dont personne n’explique les enjeux aux Français. Nord Stream c’est plus que des gazoducs, c’est une entente énergétique germano-russe, au-dessus de l’UE. Ces gazoducs vont éviter tous les pays de l’Est. Pour les pays de cette zone, mais aussi les pays scandinaves, ce projet mine la sécurité énergétique européenne, il donne toutes les clefs de l’extraction, du transport et de la vente de gaz de la moitié de l’UE à la Russie, qui assurera tous les besoins annuels de l’Allemagne. La Russie s’assure ainsi de l’approvisionnement direct de son principal client en Europe, évite de s’acquitter des droits de passage aux pays de l’Est, et pourra utiliser la menace de couper les robinets pour faire pression sur les PECO, comme elle l’a fait avec l’Ukraine. Grace à ces gazoducs la nouvelle coalition au pouvoir, de Papa Scholz, va non seulement être en mesure de se passer des centrales nucléaires françaises et du charbon allemandes mais aussi, via l’UE, de mettre en place une taxe environnementale sur les énergies. L’objectif étant que le nucléaire soit taxé bien plus lourdement que le gaz, ce qui tuera le quasi dernier avantage concurrentiel français. Ces gazoducs vont permettre donc à l’Allemagne de torpiller le nucléaire français et à la Russie de soumettre l’est de l’Europe par le chantage au gaz.

Mais que peut-on faire dans ces conditions ?

Déjà refuser, quelques soient les circonstances et le type d’élection, de voter pour un énarque ou tout autre politicien qui continue de croire en la bonté infinie de l’Allemagne. Vous verrez cela vous facilitera grandement vos choix à toutes les élections. Cela vous évitera de voter pour les pires candidats pour la France, tels que Macron, Pécresse et autre Philippe qui sont tous énarques et promeuvent la religion du couple franco-allemand, qui n’est en fait depuis 30 ans que la trahison des intérêts français au profit des intérêts allemands.


 

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Bien sûr Papa Scholz, c’est Olaf Scholz, le nouveau chancelier allemand qui est à la tête d’une coalition de socialistes, de verts et de libéraux, ultra-progressistes extrémistes, fous furieux. Ce surnom est un clin d’œil à la fois, à celui de Merkel, « Mutti » (Maman), mais aussi une référence à la série américaine comique Papa Schultz, où un gentil gardien allemand d’un stalag se fait mener par le bout du nez par des prisonniers de guerre américains. C’est un peu la fiction qu’essayent de nous vendre nos élites, qui ont un discours assez unanime pour présenter l’Allemagne comme une puissance bienveillante. Il est assez effrayant de constater à quel point le dogme du « couple franco-allemand » n’est jamais remis en cause par les dirigeants des partis de gouvernement français. Leur credo est toujours le même : l’Allemagne est l’exemple à suivre ; l’Allemagne est bonne et ne nous veut que du bien, l’Allemagne paiera les politiques que nous allons mettre en place ; le couple franco-allemand est l’alpha et l’oméga de l’Union européenne et est seul capable de relancer l’Europe.

Et la référence au IVème Reich qui nous rappelle les « pires heures de notre histoire », c’est laquelle ?

C’est en référence à la réaction de Jaroslaw Kaczynski, le leader du parti au pouvoir en Pologne, suite à la publication de l’accord de coalition allemand, comprenant un projet de fédéralisation de l’UE. Pour lui,je cite, « Il n’est pas anodin que cette proposition ait été formulée par les Allemands. Cela constitue un renoncement à la mémoire historique acquise au XXe siècle, selon laquelle l’Europe s’est construite sur une certaine retenue du volontarisme allemand. ». Il aurait aussi déclaré aux députés polonais : « Les Allemands ont joué cartes sur table et veulent construire le Quatrième Reich. Nous ne le permettrons pas ! ». Lors du rassemblement de dirigeants européens de la droite à Varsovie, où étaient présents Orban et Le Pen, il a alerté qu'« en raison des actions allemandes, l'Europe se dirige vers la fédéralisation ». Cela, a-t-il ajouté, « constitue une menace pour la civilisation » et pourrait même entraîner la destruction de la démocratie.

M. Kaczynski va un peu loin tout de même non ? En quoi serait-il légitime pour donner des leçons à M. Scholz ?

Les médias ne le disent jamais mais Olaf Scholz dans les années 70 et 80 se situe à l'extrême gauche de l'échiquier politique, prône un « dépassement de l'économie capitaliste », est « bien plus proche des communistes de la RDA que des responsables ouest-allemands », selon l’Express et va même jusqu’à appeler, en pleine guerre froide, tel un bon agent communiste, le gouvernement allemand à sortir de l'Otan, qui à l’époque défendait l’Occident de la dictature communiste. Et bien pendant ce temps-là Jaroslaw Kaczynski est un fervent opposant à la dictature communiste en Pologne, adhère dans les années 70 au Comité de défense des ouvriers (KOR) puis est un membre important du syndicat Solidarność qui participera activement à la fin du totalitarisme soviétique, la chute du mur et le rétablissement de la démocratie en Europe de l’Est.

Mais concrètement en quoi il y aurait un IVème Reich allemand ?

Ce qu’il faut absolument comprendre c’est que la puissance de l’Allemagne d’aujourd’hui repose sur son mercantilisme forcené. Pour ceux qui ne le savent pas, le but d’une politique mercantiliste est de dégager un excédent de balance commerciale le plus élevé possible afin d’enrichir son pays. Avant la Covid, l'Allemagne accaparait plus de 20% des excédents commerciaux mondiaux (plus que la Chine avec 14%) alors qu'elle représente 1,1% de la population mondiale. Selon Marc Touati, en 20 ans le cumul des excédents commerciaux allemands atteint ainsi 3 905 milliards d’euros, contre un déficit de 900 milliards d’euros pour la France. La différence entre nos 2 pays est quasiment l’équivalent 2 PIB français, c’est tout simplement hallucinant. Pour arriver à cela, l’Allemagne est devenue LE donneur d'ordre industriel de l'Europe, via une vassalisation de l’UE. Elle importe massivement des biens intermédiaires de qualité, mais à bas coût, les assemble chez elle, via des opérations à forte valeur ajoutée et les revend sur le segment haut de gamme. Les marchés européens sont ainsi moins pour elle des débouchés que des fournisseurs bon marché. Or cette politique condamne les autres pays européens, s'ils veulent rester dans le jeu, à compresser leurs marges, modérer les salaires et flexibiliser leur marché du travail. Il est donc absolument nécessaire pour l'Allemagne de convaincre constamment ses partenaires, au sein de l'UE, que sa politique est dans leur intérêt. Cette politique, par l’injustice qu’elle génère inévitablement, n’est ni tenable ni durable. Hélas, l’Allemagne ne prévoit pas de se réformer pour diminuer ce déséquilibre macroéconomique majeur. Au contraire elle préfère mettre tous les moyens en œuvre pour capter, le plus longtemps possible, le maximum de liquidités via une balance commerciale sur-excédentaire. Cette fuite en avant pervertit le projet européen, car elle oblige la démocratie allemande à contrôler l'administration européenne. Désormais, tous les commissaires savent qu’ils ne peuvent être désignés ou reconduits contre la volonté de l’Allemagne, et les principaux postes clés de l’Union européenne sont détenus par des Allemands. Une fédéralisation accrue de l’Europe signifie donc un accroissement mécanique de l’hégémonie allemande. Il est d’ailleurs intéressant d’observer les événements qui secouent l’UE à l’aune uniquement du mercantilisme allemand. C’est-à-dire d’une politique allemande assujettissant toute décision à un accroissement de l’excédent de la balance commerciale, via une vision très utilitariste de ses partenaires européens. Vous vous rendrez compte alors que l’on comprend mieux les décisions de Berlin et Bruxelles.

Par exemple : prenons la mise au ban de la Hongrie et de la Pologne. Ces deux éléments clés de la production allemande qui s’affranchissent peu à peu de la tutelle de Berlin, voient leurs coûts salariaux augmenter dangereusement du fait de leur croissance vertigineuse. Or grâce à une campagne de dénigrement efficace et à l’action de la Commission européenne, il est désormais communément admis, par tous, qu’il faut leur réduire drastiquement les fonds européens, ce qui aura pour conséquence de réduire leur croissance et donc leurs coûts salariaux. Ce qui sera bénéfique à l’industrie allemande et non à la nôtre, qui commençait à redevenir un peu plus compétitive face à la hausse des coûts de l’Est.

Prenons l’exemple de la « guerre commerciale » des Etats-Unis à l’UE sous Trump. Dans les faits, il s’agissait d’une guerre commerciale, non pas à l’UE, mais à l’Allemagne, dans le but de s’opposer au mercantilisme allemand.

De même le déchirement de l’Europe autour des migrants, il a été déclenché par la politique migratoire unilatérale et autoritaire de Berlin, du fait accompli, qui y voyait un moyen de palier à son manque de main d’œuvre et à l’envolée des salaires qui menaçaient son modèle à l’époque.

Et que dire de Nord Stream 2 qui est une question géostratégique majeure, dont personne n’explique les enjeux aux Français. Nord Stream c’est plus que des gazoducs, c’est une entente énergétique germano-russe, au-dessus de l’UE. Ces gazoducs vont éviter tous les pays de l’Est. Pour les pays de cette zone, mais aussi les pays scandinaves, ce projet mine la sécurité énergétique européenne, il donne toutes les clefs de l’extraction, du transport et de la vente de gaz de la moitié de l’UE à la Russie, qui assurera tous les besoins annuels de l’Allemagne. La Russie s’assure ainsi de l’approvisionnement direct de son principal client en Europe, évite de s’acquitter des droits de passage aux pays de l’Est, et pourra utiliser la menace de couper les robinets pour faire pression sur les PECO, comme elle l’a fait avec l’Ukraine. Grace à ces gazoducs la nouvelle coalition au pouvoir, de Papa Scholz, va non seulement être en mesure de se passer des centrales nucléaires françaises et du charbon allemandes mais aussi, via l’UE, de mettre en place une taxe environnementale sur les énergies. L’objectif étant que le nucléaire soit taxé bien plus lourdement que le gaz, ce qui tuera le quasi dernier avantage concurrentiel français. Ces gazoducs vont permettre donc à l’Allemagne de torpiller le nucléaire français et à la Russie de soumettre l’est de l’Europe par le chantage au gaz.

Mais que peut-on faire dans ces conditions ?

Déjà refuser, quelques soient les circonstances et le type d’élection, de voter pour un énarque ou tout autre politicien qui continue de croire en la bonté infinie de l’Allemagne. Vous verrez cela vous facilitera grandement vos choix à toutes les élections. Cela vous évitera de voter pour les pires candidats pour la France, tels que Macron, Pécresse et autre Philippe qui sont tous énarques et promeuvent la religion du couple franco-allemand, qui n’est en fait depuis 30 ans que la trahison des intérêts français au profit des intérêts allemands.



 

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